Ce numéro de “Explique-moi l’économie” est consacré à la règle de Taylor en 1993.
Cette règle de politique monétaire, proposée par l’économiste John B. Taylor en 1993, décrit comment une banque centrale devrait ajuster son taux d’intérêt directeur en fonction du niveau d’inflation et du niveau de production.
Selon la règle, le taux d’intérêt directeur d’une banque centrale devrait se situer à un niveau prenant en compte 1) la différence entre l’inflation actuelle et l’objectif d’inflation et 2) l’écart de production, c’est-à-dire la différence entre la production réelle actuelle et la production potentielle. Si la règle de Taylor n’est pas considérée comme une règle stricte à respecter en toute circonstance, elle peut être vue comme un guide pour les banques centrales ainsi qu’une manière d’évaluer la politique monétaire menée par le passé. En effet, si les taux d’intérêts directeurs effectifs sont proches de ceux préconisés, alors la politique monétaire peut être considérée comme ni restrictive ni accommodante.
Si les taux d’intérêts directeurs sont supérieurs à ceux préconisés, la politique monétaire peut être considérée comme restrictive. S’ils sont inférieurs, la politique monétaire peut être considérée comme accommodante.
La règle de Taylor a été élaborée à partir des décisions de la Réserve fédérale des États-Unis de 1987 à 1992, période sur laquelle les taux d’intérêt directeurs étaient assez proches de ceux préconisés. Au contraire, au début des années 2000 puis suite à la crise financière de 2008 ou à la crise due au Covid-19, la politique monétaire a été accommodante. La règle de Taylor comprend toutefois des limites. D’abord, elle peut être considérée comme une simplification excessive de l’économie ne prenant pas en compte toutes les variables. Ensuite, elle se base sur des variables comme la production potentielle qui n’est pas observable et dont les estimations ne font pas consensus. Enfin, les taux d’intérêt directeurs négatifs qu’elles préconisent dans certains cas ne peuvent pas être mis en place, à la place des politiques monétaires non conventionnelles sont mises en place mais celles-ci ne sont pas prises en compte dans la règle.